AKTUELL

November 2006

BIVOAC et FILIFALA en concertà Saint-Avé (56) le 11 novembre 2006 (par Guénaèle Baron)

BIVOAC en concert au Dôme à Saint-Avé

Ronan Robert : accordéon diatonique
Ronan le Gourierec : Saxophone baryton , bombarde
Raphaël Chevalier : violon , banjo

L’équipe de la salle Le Dôme à Saint-Avé près de Vannes a accueilli le groupe BIVOAC pendant une semaine en résidence, afin que les musiciens travaillent avec un metteur en scène et une technicienne-artiste de la lumière à un spectacle de concert .Ils ont donc travaillé à la mise en espace et à la mise en lumières de leurs compositions jouées jusqu’à présent essentiellement en fest-noz , et ont présenté au public le fruit de leur travail en jouant en concert public à l’issue de leur semaine de résidence.

Le spectacle est très beau , de la première à la dernière seconde. Les éléments de décor sont réduits au minimum : on n’aperçoit sur scène avant le début du spectacle qu’un sax et un banjo, on découvrira plus tard deux tabourets de bar et une guirlande de lumière .

Je vais d’abord vous décrire le spectacle visuellement, parce-que vous n’avez malheureusement pas eu le bonheur de venir à Saint-Avé le 11 novembre .

Bivoac en concertLe spectacle commence dans l’obscurité, et on commence à entendre le son de l’accordéon, Ronan Robert arrive dans une lumière bleutée comme au clair de lune, et apparaît dans le halo d’un lampadaire. Ronan le Gourierec au saxophone baryton le rejoint à son tour sur scène, alors un deuxième projecteur s’allume, et les deux musiciens jouent un moment à deux avant que n’entre à son tour en scène Raphaël Chevalier au violon, et lorsqu’il aura rejoint ses compères, le troisième projecteur s’allumera. La mise en lumière est insensible et très belle .

Après la bourrée , la mazurka « De c’côté-ci , de c’côté-là » , déclinée dans un jeu de scène très dynamique par deux et par les trois musiciens alternativement .

Puis le violon et l’accordéon nous offrent la succulence d’une valse, avant que ne revienne sur scène le sax pour une plus prosaïque danse « J’ai perdu ma montre », composée par Ronan Robert .

Alors Ronan Le Gourierec embouche sa bombarde pour un morceau déjanté et débridé « Une luciole dans le potage »(de toutes façons, moi je préfère la luciole dans le potage à la limace dans la salade !) .Ensuite le trio, qui ne manque pas d’humour, se paie le luxe de se la jouer avec chœur ! et pas n’importe quel chœur : Ronan Le Gourierec et Raphaël Chevalier ( il n’y a pas beaucoup de chœur composé de deux virtuoses) ! Ronan Robert n’a plus qu’à assurer au chan , et  « en d’dans ! », c’est parti pour un rond paludier, l’histoire de « la fille Nicole et du gars Nicolas ».

Enfin , le trio nous interprète une très grande et très belle suite composée de trois thèmes ( rapide-lent-rapide).La première partie est une danse effrénée, au cours de laquelle les musiciens jouent une chorégraphie-course poursuite d’un bout à l’autre du plateau, leur mouvement accompagnant leur musique. Cette partie est stupéfiante, car ils dansent vraiment leur musique, sans que l’effort physique que cela nécessite ne transparaisse . La partie lente est magnifique : dans la quasi- obscurité d’une lumière bleutée, le violoniste Raphaël Chevalier, légèrement appuyé comme sur un bastingage en fond de scène joue une mélodie, sa très belle mélodie hommage à Anthony Mac Cartan. La dernière partie extrêmement vive et dynamique termine le programme en apothéose.

Je vous ai décrit visuellement le spectacle un peu longuement, parce-que la mise en lumière magnifique de simplicité et la mise en scène très dynamique intègrent le jeu des musiciens et nous focalisent sur l’écoute de leur musique, et quelle musique ! Ces trois musiciens-là ne sont pas allés chercher une mélodie roumaine ou bulgare pour nous aguicher plus facilement ! Ils ne nous font pas non plus le coup de l’adaptation ou de l’interprétation à leur façon d’une mélodie traditionnelle. Ils composent tout tous seuls .Et puis trouver juste la mélodie, ce serait trop simple , alors ils vont triturer les accords, décomposer les rythmes, et traquer jusqu’à la moindre note ! Raphaël ne va quand même pas jouer dans une seule position, alors la longueur de cordes y passe ,harmoniques et pizzicati compris !Et Ronan qui produit des sons et des rythmiques inimaginables au sax baryton , sans compter ses mélodies impossibles à la bombarde ! Heureusement que l’accordéoniste les encadre, sinon nous deviendrions fous du plaisir d’écouter chaque note !Bivoac: die aktuelle CD Koa Ya Koa

 

Le public enthousiaste réclame un rappel , alors BIVOAC revient nous jouer avec beaucoup d’humour « La femme qu’il aime » pour une belle fin de concert .

Il me reste à souhaiter à BIVOAC beaucoup de succès en tournée avec ce très beau spectacle .


CD « Koa Ya Koa » Coop Breizh , 2005


FILIFALA en concert à Saint-Avé(56) le 11 novembre 2006

Yannick Noguet : accordéon diatonique
Jean-Pierre Andrieux : violon
Dina RaKotomanga : contrebasse
Roland Conq : guitare acoustique
Roland Brou : chant

En 1999, Yannick Noguet, Jean-Pierre Andrieux et Roland Conq créent le groupe de fest-noz Filifala. En 2002 , le contrebassiste malgache Dina Rakotomanga intègre le groupe. A partir de 2003, le groupe joue aussi de la musique à écouter en concert . Le chanteur Roland Brou s’adjoint au groupe en 2005 .

Filifala: die CDLe quintet joue des airs traditionnels de Bretagne, des airs malgaches apportés par Dina, et ses propres compositions. Roland brou passe allègrement d’une chanson traditionnelle du pays gallo à une chanson malgache, et tout cela s’intègre parfaitement. Il faut dire qu’il existe des oiseaux messagers sur la terre entière, et qu’ils soient rossignol , hirondelle , coucou ou alouette, ils transmettent tous les mêmes messages. Belles mélodies, beaux arrangements pour une musique qui swingue bien, belle voix de Roland Brou, et belle unité dans le concert : on aurait tort de bouder son plaisir. J’ai beaucoup aimé le concert, et il m’est impossible de me souvenir de tous les morceaux, alors je retiendrai la magnifique chanson « Alouette chante »de la presqu’île guérandaise, « messager des amoureux », et la chanson « Rossi, rosse, rossignolet » du pays de Redon .

Le premier CD « Zao » est sorti chez Coop Breizh en 2003
lLe prochain CD devrait sortir cette année chez Naïade Productions.

www.filifala.com
www.naiadeproductions.com

Guénaèle Baron